JUIN

YVI SLAN remixe le titre du groupe KING KRAB « Already gone » uniquement en écoute sur certaines radios, côté plateformes en vente et écoute uniquement sur le BANCAMP de Yvi Slan…remerciements à Radio Woot et Radio CCR

Un Album de remixs sortira début 2019 avec des remixs de Fedor, C.Benhamou, David Walters …

YVI SLAN remixe KING KRAB

Les KING KRAB en concert …

KING KRAB

RADIO WOOT s’invite chez Yvi Slan pour parler de la structure, de tout et de rien …

RADIO WOOT YVI SLAN Boombop rec

 

Le premier EP de FEDOR en écoute ici …

FEDOR

par  THOMAS BURGEL

FEDOR ep

FEDOR Félin et doré, le nom caresse et claque, bondit et rugit. Il est « court et mystérieux » explique Gaël Orliac, l’homme derrière le projet. Il n’est pas un hommage à Dostoïevski, ajoutet- il. Pas plus qu’une référence à l’Emelianenko du même prénom, immense champion russe de combats fracassants sur rings officiels. Il y a pourtant beaucoup de baston dans la musique du Corse. Mais alors beaucoup, beaucoup de baston. C’est l’essence-même de son premier EP : une lutte, une haute lutte, jouissive et explosive, atomique et zygomatique.

Fedor est, d’abord, une guerre homérique entre les influences aux horizons à 360° du Corse. Gamin, chez ses parents, les Beatles du Double Blanc et leurs chansons en foisonnements et grands écarts stylistiques permanents. Plus tard à Calvi, ville insulaire où la musique a toujours trouvé un doux climat, le jazz, sa folie, sa liberté. Et les Cure. Et Led Zeppelin, et Jimi Hendrix. Et John Coltrane, et Billy Holiday, et Sarah Vaughan. Et Sun Ra. Et les synthés teutons de Tangerine Dream. Et le hip-hop des Beastie Boys, Erik B. & Rakim ou le Wu-Tang qu’il a décortiqués, en bon professeur de musique qu’il est devenu, pendant quelques années obsédées (« Ça a eu une influence sur ma manière d’écouter les batteries, les beats, le travail sur le son »). Et LCD Soundsystem, et Ali Farka Touré, et le punk, et John Lee Hooker. Et la musique électronique, aussi, dans laquelle il s’est également un temps plongé corps et âme, notamment avec Superpitcher avec qui il a écrit quelques morceaux et qu’il l’a invité sur son dernier album.

Écrits comme un exutoire thérapeutique dans le grand isolement d’un petit village corse et la dureté morale d’une période noire de sa vie, maquettés en duo, à distance, avec son vieux copain Fred Ambroggi puis enregistrés en groupe à la Fabrique Sonore, les cinq morceaux de Fedor sont également un conflit passionnant et constant entre l’ombre et la lumière, la joie au coeur et la rage au bide, entre des mélodies pop qui s’installent en deux-deux dans les synapses et des étirements psychédéliques qui inventent de nouvelles couleurs aux feux d’artifice, entre l’organique et le numérique, entre le cosmique infini et le terrien magmatique, entre le cold de la wave et l’électricité primitive du blues possédé.

On entend, on traverse tout sur les cinq morceaux hauts en couleurs, ravageurs et cascadeurs de Fedor, parfaite introduction à la « Psychogeographic Dance » de Gaël Orliac. Et si son patronyme rime avec orgiaque, ce n’est sans doute pas un hasard : on croise ici les Pixies, les Black Keys (et leur metteur en son Tchad Blake), Gomez, le Beta Band, Prince, les B-52s, Jack White, The Bewitched Hands ou Archie Bronson Outfit, sacrée partouze. On prend le grand air dans de vertigineux vols planés, on perd son souffle dans d’étouffants dédales. On traverse de fabuleux coups de sang électriques, on se love dans des mélodies élastiques comme du bubble-gum. En quelques mesures comme des contre-pieds, on danse comme des insectes cocaïnés sur un funk endiablé, puis on se raidit sur des angles kraut, puis on se laisse porter par la douceur étrange d’une scie musicale. En cinq morceaux, avant bien d’autres, on passe de Tombouctou à Manhattan puis d’Abbey Road à Alpha du Centaure, on emprunte mille détours, on part en vrille, on lève les bras au ciel et on secoue le bassin, la tête ailleurs, la tête heureuse : de cette belle guerre, de cette bataille initiale que Fedor déclare sur son flamboyant premier EP, tout le monde sort déjà victorieux.
Thomas Burgel.